Bombus humilis

FR : Le bourdon variable ; NL : Heidehommel ; DE : Veränderliche Hummel

Author(s) : Morgane Folschweiller
Liste rouge européenne : LC ; Liste rouge de Belgique : CR ; Risque climatique : HHR

Description. Comme son nom l’indique, la coloration du bourdon variable comporte de nombreuses variations. Les formes les plus fréquentes dans notre région d’étude comportent : (1) pour la forme staudingerioides (Reinig) une robe à pelage presque entièrement brun ou brunâtre avec le tergite 6 (7 chez le mâle) avec des crins noirs et toujours au moins quelques poils noirs entremêlé au pelage brun en avant du thorax ; (2) pour la forme tristis (Seidl) un pelage à prédominance noire avec les tergites 4 et 5 roux et le tergite 6 (7 chez le mâle) à crins noirs ; (3) pour la forme humilis (Panzer = forme notomelas) un pelage presque entièrement gris avec une grande tache de poils noirs au milieu du thorax et le tergite 6 (7 chez le mâle) à crins noirs. Chez toutes les formes, on trouve sur le tergite 2 de nombreux poils brun café au lait entremêlés. La présence conjointe de cette bande de poils et du tergite 6 (7 chez le mâle) à crins noirs est très caractéristique de l’espèce dans notre région.
Distribution. Le bourdon variable a une très large distribution puisqu’on le trouve depuis l’ouest de la péninsule ibérique et des îles britanniques jusqu’à l’extrême est de la Sibérie, et depuis le sud des péninsules ibérique, italienne et balkanique jusqu’au nord aux environs du 60e parallèle. Dans la zone étudiée, il était présent dans une large partie de manière très dispersée en évitant notablement toutes les zones maritimes. Quasiment toutes les stations où l’espèce a été observée au début du XXe siècle ont vu leurs populations s’éteindre. Le bourdon variable ne subsiste plus à l’heure actuelle qu’en Lorraine belge et dans le département des Ardennes. Dans le reste de la région Grand Est, il semble aussi abondant dans les Vosges, l’Alsace et la Lorraine. En juin 2019 (hors période couverte par cet atlas donc non représentée sur la figure 35), une population comptant plusieurs reines de bourdon variable a été découverte dans l’Aisne (02), sur le camp militaire de Sissonne. Il s’agit de la seule mention récente de l’espèce pour les Hauts-de-France.
Écologie. Le bourdon variable semble particulièrement apprécier les pelouses maigres sèches piquetées de buissons ou de petits arbres. Par ailleurs, il paraît marquer une préférence pour les végétations calcicoles.
Inquilinisme. L’espèce est connue pour abriter le psithyre des champs (Bombus campestris). Il peut aussi former des colonies mixtes avec le bourdon vétéran (Bombus veteranus) et le bourdon grisé (Bombus sylvarum).
Préférences florales. On n’a que peu de données florales pour cette espèce dans la région étudiée. On peut noter toutefois une certaine préférence pour les trèfles (ex. Trifolium pratense) et la vipérine commune (Echium vulgare). À plus large échelle, Rasmont (1988) indique une préférence marquée de cette espèce pour les Lamiacées.
Statuts. Avec 956 spécimens, le bourdon variable compte pour 0,48 % de l’ensemble des bourdons de la région. Toutefois avant 1950 il constituait 1,46 % de l’effectif tandis que depuis 2000 il ne compte plus que pour 0,07 % de l’effectif, soit une réduction considérable de son abondance relative. Parmi les menaces qui pèsent sur cette espèce, il y a les pratiques abusives du désherbage et la disparition de son habitat. Il est considéré en danger critique d’extinction (CR) dans la liste rouge des abeilles de Belgique tandis qu’à l’échelle continentale il est considéré comme non menacé (LC - Nieto et al., 2014). De plus, Rasmont et al. (2015) montrent que l’espèce est très fortement exposée au risque climatique à l’échéance de 2100 (indice HHR, « very high climate change risk »).

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